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Quelques vestes bordeaux dont la couleur se reflète sur les joues des uns. Après avoir grimpé une bonne côte, on emprunte les escaliers pour couper à travers les vieilles bâtisses du centre ville. La musique des souffles, ça râle sévère. Les cheveux blancs ne sont pas les moins alertes, alors bon, on essaie de tenir la cadence, mais nous aussi, on finit par prendre la couleur de l'uniforme. Le soleil fait briller les instruments. Dominique fait une pause. Demain, il arrête de fumer, promis. Il souffle en gonflant les joues, essuie une goutte qui perle le long de son front et remonte ses lunettes. 
- "T'aurais du jouer de la flûte traversière au lieu de l'hélicon !"

C'est gagné, il s'emporte, cramoisi et les sourcils froncés : 

- "C'est pas un hélicon ! C'est un sousaphone !"

Tout le monde rigole. Allez, on repart, on a 5 minutes pour atteindre le parc Buffon. Oui, on est en retard, mais de toute façon, là-haut, il faudra attendre la sortie de la messe. On arrive tant bien que mal au pied de l'église, les jambes coupées et le souffle court. On cherche un coin pour se poser un peu avant de monter les pupitres. Dominique allume une clope. Les pompiers arrivent par le même chemin que nous, rigolards, frais et dispos. On décide d'un commun accord silencieux de les snober. 
Les cloches sonnent et c'est la sortie de la messe, avec en tête, les porte-drapeaux. La commémoration du 8 mai débute.